16.05.2013
Une séance d'hypnose exemplative pour traiter les séquelles d'un abus sexuel dans l'enfance
Cas de N.E., 41 ans (revue en avril 2013)
Patiente traitée
par EMDR voici un an et demi pour
abus sexuels perpétrés par son frère (qui a également abusé de leur sœur).
Lors d'une réunion
familiale, la mère de la patiente fait cette demande : « Vivons tous unis et en harmonie ».
N.E. s'est alors
exprimée vivement : « pas
question, il (le frère) doit
respecter chacune de nous ! » « On ne sera jamais plus unis comme avant », « Je ne veux plus entendre parler de ce
qu'il raconte ».
N.E. fut très
satisfaite d'avoir pu s'affirmer si spontanément face à sa famille et devant sa
mère, par contre, le soir-même elle recommença des cauchemars, mais cette fois
elle « rêvait » que sa fille se faisait violer, celle-ci est en effet
arrivée à l'âge où la patiente elle-même s'est fait abuser par son frère.
Lors de la séance d'hypnose qui s'en suivit et
à l'instar de François Roustang
lors de ses supervisions d'élèves, j'ai proposé qu'elle imagine que son frère
entre dans le cabinet où nous nous trouvons tous les deux devant elle avec
l'obligation de se taire. Je propose à N.E. de se taire également et d'observer
son frère dans les yeux.
N.E. raconta après
la séance que lorsqu'il est rentré, elle avait eu envie de le « boxer » comme Obélix ... « Mais je ne l'ai pas fait pour ne pas le
tuer ». Il avait le
regard un peu baissé, pas fier. Je crois que je le déteste. Je lui ai dit une
vilaine chose..., en fait son frère jumeau est mort quand ils avaient deux mois
et je lui ai dit : « je me demande si c'est le bon qui est
parti ».
Puis elle demande à
son frère ceci : « raconte à
tes deux fils ce qui s'est passé avec moi et notre sœur »
Elle raconta
qu'elle lui avait enfin dit tout ce qu'elle avait pensé et ressenti
et notamment à quel point elle avait souffert de son comportement sexuel.
Lorsque j'ai
proposé pendant l'hypnose à N.E. d'écouter la réponse de son frère, elle l'a
entendu dire « Je suis désolé ».
Ils se sont alors pris dans les bras « un
peu comme un frère et une sœur » dixit la patiente !
Et il lui a fait
une bise sur la joue (Elle imagine cela bien sûr, et s'en est ressentie plus
sereine).
Depuis plus d'un
mois maintenant, la patiente ressent un profond apaisement.
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