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Les points communs et les différences entre l'hypnose de spectacle et l'hypnose thérapeutique

Introduction

Ce qui m’a motivé pour écrire ce chapitre au bout de 34 ans de pratique est la réflexion d’une de mes patientes qui venait d’assister à un spectacle d’hypnose de Messmer : « Si j’avais vu ça avant de décider de venir en hypnothérapie, je ne serais même jamais venue au premier rendez-vous… et je n’aurais pas résolu mon problème. Sur scène, on avait l’impression que les personnes sous hypnose étaient des pantins donc qu’elles n’étaient plus elles-mêmes alors que moi c’est grâce à l’hypnose que je me sentais de plus en plus moi-même . À aucun moment je n’ai eu l’impression d’être dirigée par le Dr. Mairlot, mais au contraire j’ai découvert de nouvelles capacités en moi  pour être plus épanouie et plus heureuse ». Et ce genre de  témoignages est très fréquent.

Cette patiente souffrait depuis 21 ans de troubles boulimiques, elle avait essayé une quinzaine de régimes mais son poids continuait de jouer au yoyo. Nous avons réussi à ce qu’elle se libère de son addiction alimentaire et une année plus tard, elle revenait confiante pour traiter un problème d’inhibition sexuelle dont elle n’avait jamais parlé.

Il est donc primordial de comprendre ce qui différencie ces deux pratiques pour dissoudre les aprioris négatifs ou trop positifs sur l’hypnose que véhicule l’hypnose de spectacle.

Les points communs

Dans les deux cas, il s’agit de générer un état modifié de conscience chez un sujet volontaire dans le but de produire, par des suggestions :

  • Une pensée (idées, images, concepts, croyances).

  • Une émotion avec des réactions corporelles et des sensations physiologiques.

  • Un comportement, demandé par le patient en hypnothérapie ou imposé par l’hypnotiseur dans un show de music-hall.

En état hypnotique, l’imaginaire a valeur de réalité. Le cerveau fait peu ou pas de différences entre la réalité et l’imaginaire, ce qui ouvre à des expériences pour le meilleur… ou pour le pire !

Les différences

 HYPNOSE DE SPECTACLE OU « DE RUE » Pratiquée par des artistes

 HYPNOSE THÉRAPEUTIQUE Pratiquée par des professionnels de la santé

1) L’INTENTION

Le sujet hypnotique est au service de l’hypnotiseur (le sujet passif).

 


L’intention de l’hypnotiseur : la soumission du sujet pour divertir, faire rire ou fasciner les spectateurs par les actions produites grâce à l’obéissance du sujet et à son acceptation de jouer le rôle imposé : en gommant sa personnalité et ses désirs.


L’attention de l’hypnotiseur est tournée vers l’intérêt du public et non sur celui du « sujet » qui se réduit à un « objet » de démonstration.


Nous observons donc qu’afin d’obtenir des acteurs obéissants, l’hypnotiseur tente de dépersonnaliser ses sujets afin de les formater pour que leurs comportements deviennent prévisibles.

Il ne sélectionne ainsi que les sujets très influençables qui acceptent de rentrer dans le moule de son hypnose, et donc de rentrer dans l’imaginaire de l’hypnotiseur.

Les cobayes sortent de leurs expériences avec la conviction de n’avoir rien appris d’intéressant, si ce n’est qu’ils sont capables d’être le pantin d’un dominateur. Ils n’obéissent pas à l’hypnose mais à l’autorité


C’est le sujet qui doit s’adapter à l’hypnotiseur, à ses techniques rudimentaires et à son autorité. 

C’est une des raisons pour lesquelles, la majorité des gens se croient complètement résistants à l’hypnose, alors qu’ils sont juste résistants à l’hypnose de spectacle (et heureusement !)

 

 

 

L’hypnothérapeute est au service du sujet hypnotique. Cette formule montre que le sujet est actif.


L’intention de l’hypnothérapeute : la guérison ou le soulagement de la souffrance de son patient.

Au contraire l’hypnothérapeute aide le patient à « être » le plus lui-même possible, il permet au patient de percevoir la richesse de sa propre personnalité.

L’hypnose a d’ailleurs été découverte et élaborée par des médecins, avant d’être récupérée par des forains (James Braid – 1860- chirurgien, premier théoricien de l’hypnose, cf. histoire de l’hypnose via le lien suivant).


L’attention de l’hypnothérapeute est portée uniquement sur le mieux-être du patient.


Paradoxalement à la croyance populaire, le contexte hypnotique accroît la liberté de l’individu qui a alors un accès facilité à son propre imaginaire.

C’est ainsi, qu’il retrouve une créativité pour découvrir ses capacités de changement et d’auto-guérison.


C’est donc l’hypnothérapeute qui s’adapte à l’individu et qui personnalise ainsi ses techniques à chaque patient, et à sa problématique personnelle, ainsi quasi tous les êtres humains sont réceptifs à l’hypnose thérapeutique.

La relation hypnotique est une collaboration entre un expert de son problème, le patient, et un expert en techniques hypnotiques, permettant aux patients de découvrir qu’il est lui-même un expert en solutions.

C’est ainsi que plus de 95 % de la population découvre qu’elle peut bénéficier de l’hypnose.

LA METHODE (Comment on s’y prend)

La méthode est en majeure partie imposée par le contexte : un spectacle pour ne pas ennuyer les spectateurs doit aller vite, et les tours doivent tous réussir sinon la réputation de l’artiste se détériore.

Pour ces raisons, les hypnotiseurs de spectacle commencent par sélectionner les sujets les plus obéissants, les plus extravertis (voire exhibitionnistes) et les plus influençables.

Ils utilisent l’autorité et la manipulation. Les rares sujets « somnambules » [1] du public se retrouvent bien évidemment sur scène et sont les pantins qui impressionnent le plus.


[1] On parle ici des sujets capable d’entrer en un claquement de doigt dans un état hypnotique profond et non pas des personnes somnambules la nuit.


LES 3 TESTS OPÉRÉS SUR LE PUBLIC

Avant le spectacle, la sélection est généralement faite avec trois tests d’hypnotisabilité [2] (Exemple : à Saint-Michel, dans un spectacle de Messmer, une centaine les ont réussi sur les 1400 personnes) donc 7 à 15 % du public répond aux trois tests, cela indique qu’ils sont probablement des surdoués de l’hypnose.

Ensuite, l’hypnotiseur demande qui parmi ceux-ci, souhaitent monter sur scène ; une cinquantaine se portent alors volontaires. Ce qui sélectionne les sujets soit complaisants, soit exhibitionnistes, soit curieux et donc des sujets très réceptifs.

Sur scène, l’hypnotiseur fait des tests rapprochés, et élimine la moitié qui n’obéit pas au doigt et à l’œil, ou qui aurait simulé être un sujet surdoué. La sélection aboutit à 4 à 8% du public total. Vous comprendrez ainsi que vous n’en faites très probablement pas partie.

Pendant le spectacle il en fera encore sortir quelques-uns ; les plus lents à répondre aux suggestions. Ceci est habilement manœuvré par des signes qu’il envoie à ses aides, afin de rester discret.

Ne reste donc que quelques sujets surdoués et très obéissants, qui répondent dès lors à toutes les suggestions, si celles-ci ne dépassent pas leurs limites personnelles.


[2] Degré de capacité à entrer facilement en état hypnotique.


Ainsi, l’artiste utilise la manipulation (physique et psychologique), la domination, la soumission, la fascination ; tant celle du sujet que celle exercée sur le public. Il veut faire croire au public qu’il possède un pouvoir hypnotique sur les autres ;

Les trois méthodes manipulatoires

1. Manipulation psychologique

L’hypnotiseur fait croire à la personne hypnotisée qu’il peut la contrôler et lui faire faire n’importe quoi et qu’elle a donc perdu son libre arbitre.

En 2018 Pierre-Marie est dans la salle d’un spectacle de Messmer, il réussit les trois tests et monte sur scène, Il ne se souvient que de deux expériences : dans la première, l’artiste le fait s’imaginer couché sur un matelas attaqué par des moustiques, il entend leur bruit, il est persuadé que les moustiques veulent le piquer et il agite les bras.  Dans la seconde, Messmer lui ordonne de faire une déclaration d’amour à quelqu’un dont il serait fou amoureux. Il se sent très amoureux et il l’exprime. 

Il a le sentiment qu’il n’est pas normal car entièrement sous le contrôle de l’hypnotiseur et qu’on peut donc lui faire faire n’importe quoi comme marcher jusque dans le vide où se coucher sur une route où passent des voitures.

Il a développé une peur bleue de l'hypnose, et jure qu'on ne l’y reprendra plus ! Pierre-Marie extrapole son expérience à des situations dangereuses qui ne pourraient pourtant jamais survenir car si mon intégrité était en danger il refuserait tout simplement d’obéir à son hypnotiseur.

Malgré qu’il se soit senti dans un état hypnotique profond, il refuserait une anesthésie par hypnose de peur de se réveiller pendant l'opération. 

De plus il ne pense pas qu’on puisse utiliser l’hypnose pour un problème psychologique. 

Donc l’expérience ne lui a strictement rien appris, alors qu'en fait il pourrait utiliser ses dons pour l'hypnose pour réussir un tas de choses, y compris une anesthésie bien sûr.

Dans une émission télévisée à laquelle je participais (RTL TVI en 1994), Danny Dan, hypnotiseur français de spectacle très connu à la fin du XXième siècle en France disait très justement « Nous n’avons que le pouvoir d’aider des sujets à découvrir leur propre pouvoir eux-mêmes ».

2. Manipulation physique

Il est très fréquent que l’hypnotiseur touche les sujets, c’est par exemple en touchant la nuque de ses cobayes que Messmer provoque leur chute en arrière, ceux-ci tombent alors dans ses bras, ce qui fait référence au célèbre neurologue Charcot (XIXème siècle) dont voici l’illustration :

Ce médecin hypnotisait des patientes hystériques dans un auditoire de la Pitié Salpêtrière à Paris, elles se laissaient tomber inertes dans ses bras ou dans ceux d’un jeune assistant. Une autre analogie est que le tableau était exposé au-dessus de l’estrade où l’expérience allait se passer, et donc lorsque les patientes entraient, elles voyaient directement ce qui allait se passer pour elles.

Messmer utilise la même technique de « suggestion visuelle » en passant des vidéos aux spectateurs qui attendent leur entrée en scène. Ces vidéos montrent des passages télévisés où il fait tomber des dizaines de sujets (dont des « stars ») au moyen de ce toucher de la nuque et par des suggestions autoritaires soufflées à leurs oreilles (inaudibles par le public). 

3. Manipulation de l’information communiquée au public

Par exemple :

Un de mes étudiants en psychologie a raconté au cours qu’il avait accepté de monter sur scène et que Messmer lui avait fait imaginer qu’il naissait. Il dit « La façon dont j’ai revécu cette naissance, et que j’ai « joué » sur scène était uniquement lié à la façon dont je me représentais le fait de naitre ; j’avais vu des images de bébé en train de naitre dans des séries, ou en vrai dans ma famille, ainsi que parmi mes connaissances. En prenant tout ça j’ai pu re-naitre de la façon dont on me l’a suggéré. Mais ce n’était pas ma naissance, parce que quand il m’a demandé de pousser le premier cri à la sortie du ventre, ce n’était pas un cri mais l’imitation de la représentation que je m’en faisais. »

Ainsi, la réponse à une suggestion est une synthèse de souvenirs engrangés dans la mémoire. Mon élève était donc ravi de son expérience ; par contre il a été très choqué lorsque Messmer lui a demandé de donner à sa main une forme de pistolet, de se le mettre sur la tempe, et de tirer pour se suicider ! Ce tour a plus de probabilités de produire des conséquences négatives que l’inverse… surtout que l’hypnotiseur ne s’enquiert pas d’une éventuelle fragilité de son sujet. Il est encore évident ici que l’éthique de l’hypnotiseur est primordiale.

Un autre exemple est celui d’une amie, Valérie, qui a accepté de se prêter à une hypnose de rue, et je fus très surpris qu’elle accepte la suggestion d’oublier son prénom, elle a inventé un nouveau et curieux prénom sur le champ… « île » puis l’hypnotiseur annule ensuite sa suggestion d’amnésie et de ce curieux prénom au réveil, et elle retrouve immédiatement son prénom : Très dubitatif, je lui demande de décrire son ressenti, elle me répond à quel point c’était libérateur de ne plus s’appeler Valérie, car son prénom résonnait encore trop lourdement des si nombreuses « engueulades » de ses parents durant sa jeunesse ! Son subconscient a utilisé la suggestion de l’hypnotiseur dans son propre intérêt.

C’est l’hypnothérapeute qui adapte ses techniques à chaque patient, et non l’inverse, et cela en fonction de la problématique du patient et de l’état dans lequel il arrive (état émotionnel, niveau d’attention, tonus corporel,etc).

Ainsi, la très grande majorité des sujets expérimentent leurs propres capacités hypnotiques.

Nous mobilisons par des suggestions ouvertes (ce sont des propositions et non pas des injonctions) les capacités hypnotiques du patient au service de sa guérison ou de son développement personnel (exploration du passé, du futur et des ressources d’épanouissement personnel, tant sur le plan physique qu’émotionnel, intellectuel, artistique, sportif ou spirituel).

Le ton de la voix n’est jamais autoritaire, excepté en cas d’urgence, pour induire une anesthésie hypnotique chez un blessé, ou pour calmer quelqu’un en état de panique ou de confusion. Le ton est donc adapté aux besoins du sujet et à l’intention des suggestions.

L’hypnothérapeute explique également cela au sujet : il va l’aider à utiliser ses propres capacités auto-hypnotiques.

 

M.H. Erickson utilisait des techniques manipulatoires pour aller plus vite car il recevait énormément de patients ; Mais à la différence de la manipulation négative qui se fait dans l’intérêt du manipulateur, la manipulation positive se fait dans l’intérêt du patient (ex : si je vais chez mon ostéopathe c’est pour me faire manipuler ma colonne vertébrale pour mon bien).

LES PROCÉDÉS

L’hypnotiseur : ce terme décrit que c’est lui qui est actif et le sujet passif. Il dirige en effet tout le scénario.


Suggestions directes qui imposent un seul comportement hypnotique (le sujet n’a pas le choix).

Le ton de la voix est soit très autoritaire, soit très séducteur, soit très rassurant.

Il ne s’intéresse aucunement aux attentes ni au vécu du sujet et ne cherche qu’à produire un comportement observable, soit comique soit impressionnant pour le public.

 

Le sujet est exposé aux regards des spectateurs (parfois à leurs moqueries) et donc à leurs jugements (voir point 5 sur l’éthique).

N.B : Il entre en hypnose et dans un rôle suggéré d’autant plus qu’il y a du public ; car la pression sociale est plus forte quand il y a 500 personnes plutôt que 50.

L’hypnothérapeute est actif uniquement afin de stimuler la fonction cérébrale de son patient en vue d’activer ses capacités innées d’auto-guérison et la découverte de ses solutions. Le cerveau droit du patient est actif et son cerveau gauche en relatif « stand-by ».


Suggestions indirectes qui proposent un comportement thérapeutique ou plusieurs options, le patient se sent totalement libre de répondre à l’une de ces suggestions.

Le ton de la voix n’est jamais autoritaire, excepté en cas d’urgence, pour induire une anesthésie hypnotique chez un blessé, ou pour calmer quelqu’un en état de panique ou de confusion. Le ton est donc adapté aux besoins du sujet et à l’intention des suggestions.

L’hypnothérapeute ne s’intéresse qu’à la demande du patient et est à l’écoute de son vécu pendant l’hypnose et après celle-ci.

Le cadre est sécurisé par un lieu protégé et par le secret médical.

LA FORMATION

La formation d’hypnotiseur de spectacle ou de rue prend quelques heures à quelques jours en fonction du charisme de l’élève, de son intelligence communicationnelle et de ses connaissances de la manipulation.

Ils n’ont en général aucune formation sérieuse dans le domaine complexe de la psychologie.

Ainsi, les hypnotiseurs refusent l’hypnose aux sujets à problèmes, aux femmes enceintes et aux personnes prenant des psychotropes (car c’est un signe de fragilité psychique).


C’est pour cela que parfois ils ne réussissent pas à gérer des problèmes émotionnels pendant leurs hypnoses (cf. illustration des angoisses d’un sujet hypnotique de Messmer : Cyril dans « On n’est pas des pigeons »)

La formation d’hypnothérapie dure 3 à 4 années (cours théorique, pratique et supervisions). Elle permet de pratiquer avec la grande majorité des êtres humains, y compris avec les patients souffrant de problèmes psychologiques et psychiatriques (hormis les psychoses comme la schizophrénie et la paranoïa).

Malheureusement, certains formateurs vendent des formations d’hypnose thérapeutique à des demandeurs sans formation professionnelle, mais qui s’affichent ensuite comme hypnothérapeutes soi-disant formés à soigner des patients.


Un hypnothérapeute ayant suivi une bonne formation reconnue, pourra gérer n’importe quelle difficulté survenant pendant ou après l’hypnose. Et qui plus est, utilisera les expressions émotionnelles comme fil conducteur d’autant plus efficaces pour soigner la souffrance de leur patient.

L’ÉTHIQUE

L’éthique co-existe difficilement avec une logique commerciale. Les « artistes de l’hypnose » n’obéissent à aucune règle déontologique extérieures aux leurs.  Elles dépendent donc de leur moralité personnelle et de leurs connaissances (souvent maigres) del’hypnose. Certains artistes en ont plus que d’autres.

L’hypnose de spectacle est interdite par la loi dans de nombreux pays comme la Belgique, la France, le Canada etc.

C’est pour cette raison que le producteur de Messmer remplace sur les affiches le mot « hypnotiseur » par « fascinateur », ce qu’il faisait en Belgique au début mais voyant qu’on n’y faisait pas respecter la loi pas plus qu’au Canada, il a repris le nom d’hypnotiseur, qui est « plus vendeur ». Ce non-respect de la loi de 1982 a été ratifié (voir lien suivant) à Colfontaine, lorsqu’un procureur du roi courageux à fait interdire ses deux spectacles. Monsieur… voir article s’est tellement fait critiquer dans une certaine presse ainsi que par les politiciens de sa région lui ayant reproché une perte financière importante pour la commune, qu’aucun autre procureur n’a osé faire appliquer cette loi par la suite.

Cette loi peut, bien entendu, être actualisée mais elle a tout son sens puisqu’elle vise à protéger la réputation d’une technique médicale reconnue, relisez mon introduction, cette raison est flagrante.


Un des problèmes éthiques majeurs inhérent au spectacle réside dans le fait que le sujet oublie le public la plupart du temps. En effet l’entrée en état d’hypnose implique une focalisation sur la voix de l’hypnotiseur et une dissociation du contexte extérieur, à la suite des suggestions, « vous n’entendez que ma voix, vous ne voyez ni le public ni les caméras (à la télévision) ».

Il y a fort à parier que si vous étiez en état d’éveil, vous seriez conscients que des centaines de personnes sont en train de se moquer de vous. Vous refuseriez les ordres de l’hypnotiseur s’il vous demandait d’incarner une poule battant des ailes avec vos bras.

Cette manipulation peut créer un malaise tant chez le participant qui se trouve devant ses proches (s’il doit jouer un homosexuel attiré par une autre personne par exemple) que chez des spectateurs empathiques qui trouvent la situation humiliante pour leur proche. 

Pour le public, le sujet est une marionnette à la merci de l’hypnotiseur, dont il peut se moquer. Cela peut créer un malaise chez le spectateur qui perçoit cette dimension d’instrumentalisation de la personne sur scène. Or le plus souvent, au moment même, le sujet n’est pas conscient des moqueries. Il est donc privé de sa liberté de modifier son comportement ridicule.

Par contre, lorsqu’après le spectacle, des souvenirs reviennent, un sentiment de honte et d’humiliation peut survenir et au minimum le sentiment désagréable d’avoir été utilisé. 

Lors d’une émission « On n’est pas des pigeons » (22/11/18 sur la RTBF), je raconte qu’un spectateur (Morgan Lemaire) a vu un numéro assez stressant sur la scène du Forum de Liège, le 29/11/2015. Messmer fait imaginer à un sujet sous hypnose qu’il prend plaisir à rouler très vite à moto. Il lui fait traverser une ville et tout à coup lui annonce que juste après un tournant, se trouve un mur dans lequel il s’écrase à vive allure. Le jeune homme passe brutalement du plaisir à l’angoisse. Il s’agit d’abord d’une trahison dès lors que Messmer lui a affirmé qu’il passerait juste un super bon moment en hypnose. L’hypnotiseur trompe donc la confiance de son sujet. Le « choc » est d’autant plus stressant qu’il ne s’attend à rien de négatif. Il est donc évident qu’il encourt des risques d’un traumatisme dû au choc émotionnel. Des séquelles psychologiques sont alors fréquentes. (cf. risques point 5). Dans cette émission, Messmer dit ne pas se souvenir de ce numéro.

Autre risque de provoquer un trauma, voir le scénario de l’accident d’avion (voir point 6).

Un autre type de trahison est l’atteinte à l’intégrité psychologique de la personne. Prenons l’exemple courant où les hypnotiseurs font la suggestion à des hommes hétérosexuels de ressentir une attirance et même du désir pour un autre homme, jusqu’à leur ordonner de s’embrasser langoureusement.

Autre exemple : Lors d’une émission télévisée, l’animateur Arthur dit d’un cobaye de Messmer : « Elsa est sous l’emprise de Messmer…. totalement sous le contrôle de Messmer, elle embrasse Sébastien (acteur) à chaque fois que Messmer prononce son prénom, pour elle c’est son subconscient qui lui parle » alors que c’est Messmer qui lui parle par l’oreillette. Il s’agit de l’équipe de « les mystères de l’amour ». Arthur manipule ainsi l’information sur l’hypnose par ces contre-vérités et cela plus d’une fois, pour rendre son émission plus captivante.

Autre exemple d’un abus de confiance : lors d’un spectacle d’hypnose dans un camping, l’hypnotiseur demande comme dernier tour du spectacle  à chacun des sujets sous hypnose « quelle est votre dernier secret en date ? » . L’un des campeurs se croyant seul avec l’hypnotiseur révéla tout fier avoir réglé son séjour avec des faux chèques vacances. Il avait perdu de vue que le directeur du camping se trouvait parmi les spectateurs, il s’est retrouvé au poste de police ! 

Si cet homme n’avait  pas « oublié » la présence du public, il n’aurait pas révélé son secret. Ce manque d’éthique malsain pourrait entrainer des révélations préjudiciables à un couple, voire à une famille, si un sujet parle d’une relation extra-conjugale par exemple. 

Une exception positive : Thérèse, une femme timide, a adoré  obéir à l’ordre de se prendre pour une star de la chanson devant 1000 personnes, ce qu’elle ne se serait jamais « autorisée » à faire si elle n’avait pas été poussée dans le dos par une autorité extérieure. Par contre quand l’hypnotiseur lui a ordonné de jouer le comportement d’une poule, elle a été la seule à refuser. Elle a d’ailleurs trouvé que les autres étaient ridicules. Dans ce joli cas, Thérèse n’a pas oublié le public, car il faisait partie de son rêve.

En première conclusion, voici donc une technique médicale, qui a été récupérée lucrativement par des artistes en mal de reconnaissance. Si l’on extrapole cette dérive, à quand un spectacle où l’on verrait sur scène un showman donner en spectacle une intervention de chirurgie plastique avec des cobayes, il inventerait des transformations créatives du visage ou du corps pour impressionner ou faire rire le public… Nous verrions immédiatement une levée de boucliers pour protéger les cobayes et la médecine. Question : pourquoi les réactions par rapport à l’hypnose de spectacle ne produisent-elles pas de telles réactions, ou si peu ? Alors qu’il n’y a pas plus de risques chirurgicaux que de risques liés à l’hypnose. Réponse : parce que cela fait partie de notre culture depuis des décennies (depuis Donato : lien, fin des années 1860), et que la plupart des gens ont oublié que l’hypnose est une technique médicale depuis le début de son histoire. De plus, l’état hypnotique étant dans la grande majorité des situations  un état où l’être humain dispose de toutes ses capacités d’autoprotection  à sa disposition immédiate,les risques sont assez faibles. Le nombre de plaintes est assez restreint, cependant il y a très peu de gens qui font la démarche de porter plainte, d’autant que le problème étant essentiellement « subjectif », l’espoir d’un dédommagement est restreint, même s’il existe une expertise neuropsychologique et psychiatrique qui pourrait le démontrer.

La pratique de l’hypnothérapeute est soumise au code déontologique de sa profession (médecin, psychologue, paramédical, …), ce qui lui impose une responsabilité éthique et légale envers le patient.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

Le thérapeute prend son temps pour éveiller des capacités extraordinaires chez son patient comme celle de soigner un traumatisme.

 

 

L’hypnothérapeute respecte le lien de confiance d’un bout à l’autre de la séance, et s’il crée un effet de surprise, c’est dans la perspective du bien-être de son patient. Avant toute séance d’hypnose, le thérapeute demande l’adhésion du patient au projet de l’expérience hypnotique.

 

 

 

 

 

 

Le patient révèle un secret s’il le veut bien et est de toute façon protégé par le secret médical.

LES RISQUES

C’est à la suite de problèmes durables d’angoisses phobiques et d’hypersensibilité survenus chez un sujet hypnotisé sur une scène de music-hall que la Belgique et la France furent les premiers à interdire les séances d’hypnotisme en public. En effet, il a fallu le soigner en psychiatrie !

La majorité des pays ont suivi et ont interdit cette loi dans leur code pénal.

Cela s’est passé lors d’un spectacle du premier « hypnotiseur théâtral » de l’histoire Donato (A-E D’hondt, belge de la province de Liège) qui apprit l’hypnotisme à l’école de Charcot (Paris).

Pour les sujets qui montent sur scène, risques de :

1/Traumas physiques. 1er exemple : hernie discale pour la planche hypnotique. Il s’agit du tour où l’hypnotiseur suggère à une personne debout de se rigidifier comme une planche très solide, deux aides le déposent ensuite sur la nuque ou le haut du dos sur un chevalet, et les chevilles sur un autre, le patient tient automatiquement à l’horizontale, et souvent l’hypnotiseur s’assied sur le ventre du sujet. Si le patient a une colonne vertébrale fragilisée, cette pression antinaturelle peut produire une grave hernie discale. En revanche, ceci démontre que la phénoménologie hypnotique de catalepsie peut augmenter la force musculaire de 43%.

- Exemple : la plainte contre Messmer d’un sujet qui avait l’ordre de danser énergétiquement dès qu’il entendait une musique et qui a fait une chute incontrôlée (suite plus bas)

- Plainte récente contre Messmer, comme l’explique La Voix du Nord, le 22 Mai 2022 à Laval. France : Hypnotisé et se prenant pour l’un des guitaristes du groupe de rock Kiss, obéissant ainsi aux suggestions de Messmer, le spectateur a chuté et s’est blessé assez sérieusement : clavicule gauche cassée et une entorse au poignet droit. Il a même dû être évacué par les pompiers et le spectacle a continué. Musicien de formation, il demande désormais une compensation financière à la production. 

2/Problèmes psychologiques :

- Troubles anxieux, comme des cauchemars et autres troubles anxieux et au pire un état de stress post-traumatique. Ex de Messmer produisant une angoisse aigue en direct sur Cyril dans : « On n’est pas des pigeons » - RTBF, commenté en vidéo par le Dr. Mairlot.

- Sentiments de honte, humiliation, d’instrumentalisation après le retour à l’état d’éveil (cf. plus haut), voire de la maltraitance.

Retour à la mémoire de vécus de maltraitance.

- Peur de l’hypnose : de nombreux cobayes ne veulent plus jamais rentrer en hypnose de peur d’être à la merci de l’hypnotiste et de faire des choses dangereuses qu’ils ne contrôlent pas eux-mêmes alors que l’hypnose thérapeutique pourrait leur être utile pour guérir d’une souffrance ou pour résoudre un problème.

Exemple : Un patient m’a raconté un numéro que fait Messmer sur scène avec quelques sujets : il leur suggère de s’imaginer dans un avion, tranquilles et annonce qu’un grave incendie commence, ils doivent donc sauter en parachute, malheureusement deux d’entre eux s’écrasent sur le sol. (Mon témoin ne se souvient plus si c’est par manque de parachutes pour tout le monde ou si deux parachutes ne se sont pas ouverts). Messmer demande de rassembler les membres disloqués d’une femme qui s’est écrasée au sol, celle-ci très angoissée, se sent alors revivre lorsque ses membres sont recollés. Messmer lui dit qu’elle peut marcher mais en boitant car il lui annonce qu’on lui a rattaché une jambe trop courte qui n’est pas à elle. Le public éclate de rire : un sujet doit chercher la bonne jambe pour la recoller à notre cobaye apeuré, …

On comprend les risques de symptômes post-traumatiques et psychologiques de ce genre d’expérience et de nouveau, il s’agit d’un problème éthique, comme pour l’expérience de la moto, puisque Messmer lui avait promis que l’hypnose est une expérience merveilleuse…

3/Autres :

Une anecdote qui montre qu’il y a aussi des risques pour l’hypnotiseur :  Julien Dubinski hypnotiseur de spectacle m’a raconté quasi exactement ceci en 2022 : « Il y a quatre ou cinq ans je faisais un spectacle à Wavre et j’ai une personne en face de moi très réceptive. Je lui propose sous hypnose de rencontrer sa star préférée. Je lui demande qui il souhaite rencontrer et il répond « Floyd Mayweather ». Je lui ai dit qu’il serait très content de le rencontrer. Je ne savais pas à ce moment qu’il s’agissait d’un boxeur.

Ensuite Julien D. lui a dit « au compte de Trois réveillez-vous »,

Il a alors ouvert les yeux et s’est jeté sur moi et d’un coup il m’a fait basculé et s’est posé sur mon sternum. Ma cage thoracique comprimée je ne savais plus crier ni bouger pour lui donner l’ordre de se réveiller vraiment et le ramener à la réalité, je n'avais de l'aide de personne probablement parce que les gens pensaient que cela faisait partie du spectacle, et que c'était déjà préparé, donc personne ne bougeait.

Donc lorsque qu’il s’est de lui-même un peu retiré, j'ai commencé à lui crier dessus pour le réveiller… et lui dire que tout était redevenu normal et qu'il se souvenait de tout ce qui s'était passé. Mais sans ça, je ne sais pas combien de temps cela aurait duré…J'ai compris qu'il a eu une hallucination hypnotique visuelle : il m’a pris pour le boxeur et il était tellement content qu’il m’a mis au sol , il a voulu défier son idole. Sur le moment même, j’ai eu très peur car en plus je venais de me faire opérer des yeux ! Maintenant j’en rigole et quand je propose à nouveau à un volontaire de rencontrer sa star préférée, je lui dis juste qu’il est content mais qu’il reste sur place. »

Il est fort à parier qu’au moment où JULIEN lui donne l'ordre de se réveiller en comptant jusqu'à trois, il ne se soit pas « réveillé » sinon il se serait rendu compte qu’il n’était pas sur un ring de boxe et que JULIEN n'était pas Floyd Mayweather De nouveau étant donné que sur scène tout doit être rapide pour captiver le spectateur, le réveil peut-être beaucoup trop rapide pour certains sujets, qui restent alors dans leur état hypnotique sans s'en rendre compte. Petite digression : cela fait curieusement penser à un autre Floyd (Georges) mais dans une position inversée, puisque c’est lui qui étouffait sur une scène malheureusement plus réelle , 2 ans plus tard…

Les exemples :

  • L’accouchement
  • Le prénom
  • Milgram

Chaque être humain possède un inconscient protecteur, qui sous hypnose thérapeutique menée par un hypnothérapeute compétent, ne lui permet que des changements positifs.

Pour les patients qui consultent un professionnel de la santé, les incidents sont rarissimes. Le Pr. KROGER a montré un comparatif analysant les effets secondaires des psychothérapies les plus courantes et c’est l’hypnose thérapeutique qui en produisait le moins.

Et les quelques problèmes survenus ont été produit lorsque l’hypnothérapeute agissait en dehors de son domaine professionnel. Exemple : un dentiste n’a pas les compétences de soigner une phobie du dentiste, cela relève du domaine des psychologues ou des psychiatres. Par contre, il a les compétences de produire une anesthésie hypnotique (au lieu d’enfoncer une aiguille dans la gencive) ainsi que d’autres actes de dentisterie (lien avec ce que l’hypnose peut y apporter).

LE PROBLÈME PARTICULIER DES MÉDIAS

Un téléspectateur s'est senti piégé ; le magazine SANTÉ titre  : Messmer hypnotise un téléspectateur de « Stars sous hypnose» sans le vouloir ? Oui, c'est possible, mais il y a plus grave. 

« C'est quand elle a vu que son mari ne répondait plus, qu'une habitante des Landes a décidé d'appeler les secours. Les yeux grands ouverts, le quinquagénaire ne réagissait plus. En cause selon elle, l'émission de l'hypnotiseur Messmer diffusée sur TF1, « Stars sous hypnose», que le couple était en train de regarder sur leur télévision.

Lorsque le Samu arrive, l'homme n'est toujours pas revenu à lui. Selon France Bleu Gascogne, c'est la voix de son épouse qui lui fait finalement reprendre conscience quand celle-ci s'est mise à reproduire les gestes de l'hypnotiseur.

Pendant une heure et demi selon Sud Ouest, l'homme de 51 ans est ainsi resté « piégé» alors que la séquence où Messmer hypnotise la star face à lui ne dure que quelques minutes. Le quinquagénaire s’est pris au jeu de l'émission et ne parvenait ainsi plus à desserrer les mains ».

En effet, cette histoire est compréhensible car cet homme a obéit aux ordres de Messmer et comme il ne se sentait pas personnellement accompagné par son hypnotiseur, il s’est misdans une position cataleptique d’attente comme les personnes stressées qui ne peuvent ni fuir ni attaquer leur agresseur, jusqu’à ce que l’agresseur soit maitrisé ou disparaisse, mais dans ce cas particulier, Messmer était toujours « présent » dans l’imaginaire du patient.

Article complet via le lien suivant.

En hypnose thérapeutique, le sujet est accompagné par son thérapeute du début à la fin. Depuis le confinement lié à la COVID19, nous proposons nos séances d’hypnose individuelle par visioconférence et nous avons observé une qualité de l’état hypnotique similaire au présentiel pour la majorité des patients. Nous continuons de proposer nos divers ateliers d’auto-hypnose par Zoom et les participants n’ont jamais rapporté de problèmes car on leur explique ce qu’est l’hypnose et comment elle fonctionne, dans l’introduction qui contient toutes les précautions (lien avec l’introduction à lire avant les ateliers).

PRÉJUDICES PORTÉS À L’HYPNOSE THÉRAPEUTIQUE

Les fausses croyances véhiculés

1.    « Je suis résistant à l’hypnose » : étant donné que la majorité du public échoue aux tests hypnotiques de sélection des sujets pour monter sur scène, ils se croient erronément non-réceptifs à l’hypnose. Ils n’essayeront donc pas l’hypnose thérapeutique et ne pourront pas bénéficier de ses bienfaits.

2. La peur générée par l’observation de l’apparente toute puissance de l’hypnotiseur sur l’hypnotisé. Les spectateurs craignent qu’on leur fasse faire ou dire n’importe quoi sous hypnose, ou de subir des changements qu’ils ne contrôlent pas. Beaucoup de gens ont déjà peur des psys, mais qui n’aurait pas peur de tomber sur un psy qui agirait comme un hypnotiseur de spectacle?

3.    De nombreux spectateurs pensent que l’hypnose n’est pas efficace, ou alors que les effets disparaissent très vite.

Prenons l’exemple des phobiques des animaux (araignées, serpents, etc.) : regardez cette vidéo d’une cobaye (Pauline) qui a depuis longtemps une peur-panique face aux araignées lien de la vidéo.

En fait, les phobiques ne craignent pas l’objet lui-même (ici l’araignée) mais ils ont peur des croyances qu’ils ont construites par rapport à cet objet. Comme je l’explique dans le chapitre du livre Hypnose médicale « des phénomènes hypnotiques aux phénomènes pathologiques » (voir lien suivant) ils construisent leurs angoisses par une auto-hypnose négative, à partir d’une hypersensibilité et d’une croyance irrationnelle ou excessive. Il est donc assez facile de faire oublier à un bon sujet hypnotique une telle croyance négative, et de la remplacer par une croyance positive. Ici, il lui suggère l’amour des araignées grâce à une association visuelle imaginaire avec l’amour qu’elle porte à un chaton. Pauline est carrément joyeuse, mais dès qu’il lui suggère une régression dans le temps avant les suggestions positives, elle replonge dans son auto-hypnose négative et sa peur revient automatiquement puisqu’il n’utilise pas de protocole psychothérapeutique pour ancrer la guérison. Son but n’est pas le mieux-être du sujet mais bien d’épater « la galerie » en montrant qu’il peut retirer une peur et puis faire rire en montrant la surprise pénible de faire retrouver la peur au cobaye (dommage…)

C’est un des tours de Messmer que je préfère, d’abord parce qu’il reste éthique, c’est-à-dire qu’il ne trahit pas sa confiance en ne la réveillant pas avec l’araignée dans la main, ce qui aurait produit un choc émotionnel pénible en raison de ce changement brutal, comme il le fait avec ce motard qui s’écrase contre un mur ou en moins brutal avec le nageur (lien du nageur Alain Bernard sous hypnose).  

Cela dit, c’était probablement plus pour préserver l’araignée que Pauline car elle aurait risqué de l’abimer en la jetant brutalement par terre.

Je trouve aussi positif de démontrer qu’on peut remplacer une émotion de peur et de dégout par un sentiment d’amour grâce à la curiosité et la possibilité qu’offre l’hypnose d’explorer quelque chose de connu comme si c’était la première fois.

Malheureusement, l’hypnotiseur gâche ces points positifs en montrant qu’à la sortie de l’hypnose tous les effets prometteurs disparaissent et que le sujet n’a rien appris. L’hypnose apparaît juste comme de la poudre aux yeux. Alors qu’il y a moyen qu’un sujet rentre chez lui avec un progrès acquis et cela au moyen de suggestions appropriées, comme c’est le cas avec Pauline.

Il est dommage que les cobayes qui sortent d’un spectacle n’aient pas profité des possibilités extraordinaires de l’hypnose, ils n’ont rien intégré pour leur épanouissement personnel et n’ont traité aucun problème. Et souvent, ils sont plus anxieux qu’avant d’entrer car nombreux sont ceux qui ressentent un état de malaise pendant quelques jours… ce fut le cas pour l’animateur Hervé Meillon après que Dany Dan lui eut percé la gorge avec une brochette dans l’émission citée plus haut (avec François Pirette – RTLTv ).

Les spectateurs concluent donc que les effets positifs de l’hypnose ne durent pas. Par contre, dans ce numéro, il n’utilise ni la moquerie, ni la dérision pour faire rire le public, ce qui est appréciable.

Autre exemple qui augmente ces fausses croyances : dans l’émission « On n’est pas des pigeons » comme dans d’autres : nombreux sont les animateurs et journalistes qui affirment eux-mêmes ne  pas vouloir essayer l’hypnose, une animatrice ajoute que cela la met fort mal à l’aise. Rosalie, un autre témoin, décrit une autre peur : « Cela peut être dangereux de jouer avec l’esprit des gens, l’hypnotiseur ne les connaît pas, et encore moins leur passé, donc il pourrait ouvrir une boite de Pandore ». Le risque est assez faible car tout être humain en hypnose développe un « hidden observer » (bien étudié aux U.S.A), c’est-à-dire, un observateur caché qui, même dans l’état hypnotique le plus profond, fait partie de cette conscience « parallèle » au vécu hypnotique et qui surveille au sens de veiller sur, le comportement du sujet constamment. Il réveillera complètement le sujet si une suggestion ne respecte pas son intégrité physique et psychique, ses valeurs, sa morale, sa religion ou toute autre chose qu’il ne veut pas dire ou faire ou même penser. Soit, il réveille le sujet, soit il reste en hypnose sans faire la tâche. Prenons l’exemple de Marie-Eve, excellent sujet hypnotique, qui a participé très docilement à quelques tours qui l’amusaient mais lorsque l’hypnotiseur lui a suggéré de participer au scénario d’un concours de Miss, elle s’est arrêtée de bouger et a attendu le tour suivant. L’hypnotiseur a insisté lourdement mais elle a répondu qu’elle n’était « pas d’accord de participer à ces bêtes concours ».

Donc la présence de cet observateur protecteur est la raison principale pour laquelle les hypnotiseurs de spectacle produisent très peu de problèmes apparents. Par contre, cet observateur caché n’est pas tout puissant, et il peut être pris de court si l’hypnotiseur produit une surprise brutale. Lorsque le motard sous hypnose prenant du plaisir à conduire à toute vitesse dans une ville, se retrouve face à un mur suggéré brusquement par l’hypnotiseur, l’observateur caché n’a pas le temps de réveiller le sujet, et le choc peut produire une blessure émotionnelle durable dans le cerveau droit sur le système limbique, et des symptômes d’ESPT (États de Stress Post-Traumatiques).

La réalité scientifique et clinique

1.  Environ 95% de la population est hypnotisable, c’est en effet une capacité du cerveau humain que l’on retrouve également chez les animaux.

2. Les 5% d’exception sont dus à certains problèmes psychologiques comme la méfiance aggravée, l’extrême étant la paranoïa ou d’autres psychoses comme la schizophrénie, certains autismes… L’hypercontrôle qu’on retrouve dans les TOC (Troubles obsessionnels compulsifs) est un grand frein à l’hypnose mais n’empêche pas l'hypnose chez les personnes ouvertes et motivées par le changement.

Il est paradoxal d’avoir peur de la technique la plus efficace pour guérir les peurs ! En revanche, il faut choisir un professionnel en qui vous avez confiance.

L’hypnose clinique utilise des procédés psychothérapeutiques qui produisent les changements positifs pendant l’hypnose de façon construite et progressive, ce qui permet aux changements de se prolonger après l’hypnose, et de devenir permanents dans la majorité des cas.

Je vous propose de regarder l’un de ces processus avec justement une phobique des araignées que j’ai traitée en une séance (dont vous pouvez visionner un petit résumé vidéo dans l’émission « On n’est pas des pigeons » -RTBF- disponible via notre chaine youtube sur le lien suivant – vous serez étonné par la rapidité du résultat. (Cette émission, la même que Messmer, est passée le lendemain : 22/11/18)

La phobie de Pauline était assez grave puisqu’ayant vu une petite araignée sortir de l’égout de sa douche, elle n’avait plus osé en prendre pendant 6 mois ! En résumé, la stratégie a été de lui apprendre sous hypnose à produire un réflexe conditionné[1] (« ancrage ») de sécurité puis d’utiliser cet ancrage lors d’une visualisation très progressive de l’approche d’une araignée imaginaire. Je lui suggère de visualiser cet insecte d’abord sur le balcon de mon jardin, ce qui produit déjà des réflexes de peur. À chaque étape, elle va utiliser l’ancrage pour se sécuriser et dès qu’elle se calme, je lui fais visualiser un rapprochement, ce qui fait remonter sa peur, qu’elle va à nouveau gérer… Ainsi l’araignée entre par la fenêtre, et arrive sur le plancher de mon cabinet. Elle soulève les jambes de peur (passage coupé au montage car la séance a duré 20min) puis réactive son ancrage : toujours ce mot accompagné d’une profonde inspiration). Ainsi, à chaque rapprochement, elle maitrise de mieux en mieux sa peur. Lorsque l’araignée est à ses pieds, elle observe à sa grande surprise que son réflexe de soulever les pieds ne survient plus. La disparition de cet automatisme démontre l’efficacité de cette technique hypnotique pourtant très simple car non seulement

[3] Les réflexes conditionnés ont été découverts par Pavlov, médecin neurologue prix Nobel pratiquant l’hypnose. En effet, l’état hypnotique augmente considérablement la capacité à créer des liens neuronaux entre un stimulus et une nouvelle réponse comportementale. Ici, je lui demande de revivre intensément une situation de profonde sécurité puis de relier cette émotion à un mot de son choix et à une profonde inspiration.

Pauline se sent tout à coup capable de calmer sa peur mais en plus, l’image de l’araignée perd son effet angoissant en une dizaine de secondes sur son cerveau et sur son corps lorsqu’elle reçoit la mygale dans sa main.


J’utilise cette qualité qu’est la curiosité pour permettre aux personnes en surpoids de mincir en redécouvrant le plaisir des sens dans l’acte de manger, la satiété vient alors bien plus rapidement avec des quantités moindres, puisque celle-ci apporte bien plus de plaisir ; on voit ici le plaisir et le ravissement que ressent M-P devant cet animal qu’elle découvre avec « d’autres yeux ». On entrevoit également comment on peut substituer des sentiments dépressifs par des sentiments de joie (principe d’inhibition réciproque, très souvent utilisé en psychothérapie par hypnose dans les troubles de l’humeur comme les états dépressifs, les troubles anxieux, la colère et les dégoûts).

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[3] Les réflexes conditionnés ont été découverts par Pavlov, médecin neurologue prix Nobel pratiquant l’hypnose. En effet, l’état hypnotique augmente considérablement la capacité à créer des liens neuronaux entre un stimulus et une nouvelle réponse comportementale. Ici, je lui demande de revivre intensément une situation de profonde sécurité puis de relier cette émotion à un mot de son choix et à une profonde inspiration.

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Ce phénomène survient également très rarement en hypnothérapie car « l’observateur caché » veille à maintenir le travail thérapeutique pour respecter la demande et l’objectif du patient. Et même lorsque l’objectif est d’explorer le passé à la recherche d’un évènement oublié en rapport avec le problème, il faut souvent plus d’une séance pour y arriver. La découverte de la cause ne survient que si le sujet est suffisamment prêt à accepter le choc émotionnel et à le gérer.

Mais à quoi sert le retour à la conscience des évènements oubliés ? Pour les raisons évoquées plus haut, des symptômes, des phénomènes inexplicables et souvent pénibles peuvent alors enfin disparaître, comme une hypersensibilité, une susceptibilité, des réactions émotionnelles disproportionnés ou inadéquates, voire des crises d’anxiété ou de déprime ou même d’envies suicidaires. C’est un des aspects qui confère à l’hypnose son aspect magique. Comment procède-t-on ? Freud pensait que ce retour du refoulé dans le champ de la conscience suffirait à guérir. Cela n’a pratiquement jamais été le cas. Rappelons que des études sur l’efficacité des psychanalyses menées par Freud n’ont trouvé que 4 réussites ! (Cf. le livre noir de la psychanalyse : le chapitre de M. Borch-Jacobsen [4]). Depuis Milton Erickson et les époux Watkins ; différentes méthodes ont été éprouvées des dizaines de milliers de fois et ont guéri des traumatismes simples et complexes. Pour être synthétique : il s’agit d’accepter puis de déconstruire les aspects traumatisants du souvenir, pour désensibiliser l’émotion qui y est encore liée. Ensuite, on reconstruit une croyance plus adaptative, les pensées qui en découlent remplacent alors les pensées négatives préalables, ces « toxines psychologiques » qui empoisonnaient l’esprit et le corps, via les croyances négatives développées lors de trauma.

D’un point de vue phénoménologique, lorsqu’un contexte traumatisant surgit, le cerveau se met automatiquement dans un mode auto-hypnotique, pour mobiliser et maximaliser toute son énergie mentale et physique pour fuir ou pour se défendre, ou, 3ème solution : pour faire le mort, c’est-à-dire, s’immobiliser complétement  (par catalepsie hypnotique) pour passer inaperçu. Dans un petit pourcentage de cas, il se produit ensuite une amnésie hypnotique pour que le conscient ne soit pas gêné par le souvenir afin de continuer sa vie tranquillement : l’exemple le plus fréquent alors est le cas des abus sexuels incestueux. On va donc déconstruire l’auto-hypnose négative pour qu’elle ne produise plus la souffrance du traumatisme. On peut même la remplacer par une auto-hypnose positive ce qui augmente la résilience du rescapé pour son avenir.

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[4] Meyer C. (dir.), Le livre noir de la psychanalyse (Vivre, penser et aller mieux sans Freud), Paris, Les Arènes, 2005.

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Si le sujet traumatisé surmonte ses peurs de l’hypnose, et qu’il consulte un hypnothérapeute, celui-ci pourra l’aider à cicatriser cette blessure émotionnelle en deux ou trois séances le plus souvent, sauf si cela a ravivé un ou plusieurs autres traumatismes dans le passé du sujet : c’est la « boite de Pandore » citée par Rosalie. En revanche, il ne faut pas craindre cela, au contraire, c’est une chance de pouvoir sortir des oubliettes ce genre d’abcès, qui souvent continue de moisir de l’intérieur et envoie « des toxines psychologiques » continuellement dans tout le corps tant qu’on ne l’a pas vidé et cicatrisé. L’hypnose ou l’EMDR (lien avec techniques du site web). Car alors c’est tout le corps dont l’esprit, qui est libéré, et le sujet se retrouve tellement plus heureux. Cette métaphore reflète assez bien qu’un traumatisme soit très souvent oublié, enfoui, lorsqu’on n’est pas assez mature pour le métaboliser, pour le « digérer ». Il attend alors une occasion parfois beaucoup plus tard pour que l’on s’occupe de sa souffrance longtemps réprimée.

PS : Questionnaire :

Si vous souhaitez y participer, merci de nous transmettre vos réponses par e-mail à l’adresse Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

  • Après cet éclaircissement, qui aimerait expérimenter l’hypnose sur une scène de spectacle au risque d’être surpris par des suggestions stressantes ?

  • Connaissez-vous quelqu’un qui a subi des conséquences hypnotiques après un spectacle d’hypnose ?

  • Après avoir vu un spectacle d’hypnose sur scène, à la télévision ou sur internet, iriez-vous consulter un professionnel de l’hypnose si vous en aviez besoin ? Si la réponse est non, pourquoi ? Quelles sont vos peurs de l’hypnose ?

POUR UN SPECTACLE ÉTHIQUE

Quitte à produire un spectacle d’hypnose, autant montrer ses aspects les plus intéressants pour l’être humain. Les « pouvoirs » de l’hypnose qui sont en fait les pouvoirs du cerveau et du corps en état modifié de conscience, pourraient être illustrés par des démonstrations publiques utilisant des phénomènes hypnotiques extraordinaires. Cela tout en respectant chaque personne humaine. Un artiste n’a, en fait, nullement besoin d’utiliser l’autorité, la dérision, la soumission, la moquerie ou la manipulation. Je proposerai quelques idées d’expériences hypnotiques mais d’abord, j’ai sélectionné ici quelques numéros très intéressants déjà exécutés, comme celui de Messmer et du nageur qui montre le principe de l’anesthésie hypnotique (lien de la viédo) ou lorsqu’il montre qu’une phobique des araignées peut ne plus du tout ressentir d’angoisses durant quelques minutes pendant l’hypnose, on pourrait aller plus loin avec quelques techniques démontrant que le phobique peut ne plus ressentir de peur du tout, même après être sorti de l’hypnose et être ainsi guéri durablement de sa phobie. Le nombre de sujets potentiels qui pourraient monter sur scène est énorme, tant il existe une très grande variété de phobies (lien de l’article -L'hypnose au secours des phobies). Au minima déjà, l’exemple de Thérèse (la chanteuse, voir paragraphe plus haut) est magnifique. Elle peut être reproduite avec de nombreuses formes de timidité et permettrait à de nombreuses personnes de s’exprimer plus facilement dans leur vie. 

Au lieu de faire faire des déclarations homosexuelles à des hétéros qui se retrouvent là par hasard et des baisers « graveleux » entre eux ; on pourrait proposer, par exemple, à des personnes très timides de se libérer de leurs inhibitions sous hypnose et de s’expérimenter dans des déclarations imaginatives à une personne qui les attire dans la réalité. Avec quelques suggestions post-hypnotiques (SPH), ils se sentiront plus sûr d’eux-mêmes après l’hypnose, dans des situations analogues. 

Autre proposition encore plus simple : il suffit de suggérer à des sujets consentants de se remémorer des souvenirs hilarants, le fou-rire étant contagieux, on obtiendrait les rires du public. En effet, l’hypnose, par l’hypermnésie, peut raviver des souvenirs oubliés et intensifier l’émotion passer comme cette forme de joie.

On pourrait reproduire une expérience qu’avait montré Paul DANBLON dans une émission de la RTBF dans laquelle un sujet sous hypnose portait un objet très léger dont l’hypnotiseur affirmait qu’il était très lourd. La mesure scientifique de l’effort musculaire imaginaire démontrait que le sujet portait une vingtaine de kilos au lieu de quelques centaines de grammes, n’est-ce pas une belle illustration qu’une suggestion peut produire des effets plus puissants que la réalité ?

De même, l’inverse est connu, on peut sous hypnose suggérer qu’un effort à faire est léger et augmenter ainsi la force musculaire de 43%. La planche hypnotique citée plus haut est un exemple dangereux pour la colonne vertébrale, mais d’autres efforts respectueux de l’anatomie pourraient être démontrés. On utilise en clinique ces phénomènes hypnotiques pour faciliter l’évolution de la reconnexion neuronale et neuro-musculaire chez certains paraplégiques et tétraplégiques. On appelle cela la suggestion « du mouvement immobile ».

Un autre exemple pour montrer le pouvoir hypnotique de l’hypnose en psychosomatique, serait de reproduire « l’expérience vasculaire » : on suggère à un sujet que sa main droite est dans un bain d’eau glacée, et la gauche dans de l’eau bien chaude. La droite devient livide et plus froide alors que la gauche rougit nettement et dégage de la chaleur. En effet, le corps produit une vasoconstriction réflexe dans l’eau froide, c’est-à-dire que ses vaisseaux sanguins se contractent comme s'ils devaient se protéger de l’eau trop glaçante. Dans l’autre main, la chaleur imagée relaxe la musculature lisse des petits vaisseaux artériels et la main se congestionne. Ce phénomène spectaculaire démontre que le cerveau est capable de traiter l’hypertension artérielle, le syndrome de Raynaud, les rougissements émotionnels du visage, et peut même améliorer les chimiothérapies (en dilatant les artères qui irriguent tumeurs et métastases pour augmenter leur effet anticancéreux) et en contractant tous les autres afin de diminuer les effets secondaires de la chimio sur les organes et notamment dans le cuir chevelu pour diminuer la perte de cheveux. On peut également influencer les muscles de la vessie (pour les vessies nerveuses), de l’utérus pour les accouchements prématurés, ou du tube digestif(Le traitement du côlon irritable ou spastique a ainsi démontré son efficacité dans de nombreuses publications scientifiques (la célèbre revue médicale « Lancet »). On pourrait ainsi reproduire une expérience sur la motilité intestinale que j’ai effectuée dans un laboratoire d’audiométrie (ORL). Une patiente se plaignait de nombreuses coliques douloureuses et de ballonnements abdominaux. Je lui ai proposé une séance d’hypnose dans ce laboratoire complètement insonore. Nous avons entendu et enregistré ses borborygmes intestinaux particulièrement sonores. Je lui ai suggéré de visualiser une tasse de tisane relaxante pout le tube digestif, puis je lui ai suggéré que sa main prenne la tasse et la porte à sa bouche pour en boire une seule gorgée. Son bras a effectué une spectaculaire lévitation et elle a dégluti. Après à peine une minute, les borborygmes intestinaux s’arrêtèrent tout net, s’en est suivi une minute de silence qui m’a paru durer longtemps, en effet, je m’attendais à tout moment à entendre un mouvement intestinal mais rien ne vint. Au bout d’encore une minute, je lui ai suggéré que cette petite gorgée ne faisait plus d’effet, les bruits intestinaux ont repris comme avant !

Je ne l'ai bien sûr pas laissée dans cet état et je lui ai proposé de boire l’entièreté de la tasse en lui suggérant que l’effet durerait jusqu’au lendemain.

Elle me raconta une semaine après que l’effet avait duré jusqu’au lendemain soir. Puis quand les crampes reprirent, elle reproduisit l’induction hypnotique que nous avions faite ensemble, et la main qui lévitait a cette fois attrapé un cocktail car elle s’était imaginée sur la plage à l’ombre d’un parasol avec une petite tablette où était posé son fameux cocktail. Celui-ci a eu les mêmes vertus que ma tisane relaxante ! Anne avait donc appris intuitivement l’autohypnose sans qu’on en ait parlé le moins du monde !

On pourrait sur scène recréer une expérience similaire, en posant des micros sur l'abdomen pour retransmettre dans la sono les borborygmes d'un volontaire, l’effet est saisissant et démontre que l’on peut traiter la majeure partie des organes tapissés de muscles lisses, ici, il s'agissait d'un côlon irritable. Les spectateurs pourraient ainsi voir que des suggestions hypnotiques peuvent à loisir, contracter les muscles internes et involontaires ou les relaxer à loisir.

Pour terminer, on pourrait reproduire le numéro de la vésication, qui avait été montré en direct dans une émission de l’ORTF (TV Française) par le Dr. Léon Chertok, psychiatre français. On pose une pièce de monnaie à température ambiante sur la main de plusieurs volontaires en hypnose en leur affirmant qu’elles sont brulantes. La plupart des sujets ont développé une brulure au 2ème degré ! (Cloque avec liquide plasmatique ou phlyctène).

L’hypnose démontre encore une fois que le cerveau possède des capacités extraordinaires. S’il est capable ainsi de se faire du mal rien que par la force de sa pensée, il est également capable de guérisons étonnantes.


SÉANCE D'HYPNOSE AVEC MICHAEL YOUN avant qu’il ne rencontre Messmer dans « Stars sous Hypnose ».

Ma rencontre avec Michael YOUN est intéressante en ceci : j’ai pu pratiquer de l’hypnose avec lui bien avant qu’il passe dans l’émission « star sous hypnose » d’Arthur (lien). En 2021, cette équipe de « Star sous hypnose » décide de jouer un tour particulièrement osé ; elle organise son kidnapping dans une chambre d’hôtel. MESSMER le réveille alors que Michael est dans un état de sommeil profond. C’est dans cet état à moitié endormi, qu’il l’hypnotise (ce qu’il avait déjà fait avant pour le préparer) et lui suggère qu’il va dormir très longtemps sans se réveiller. Il le met en catalepsie pour faciliter le transport (cette rigidité musculaire est la réponse à la suggestion qu’il soit « raide comme une planche »).

D’après Arthur, il restera dans ce sommeil hypnotique pendant plus de 12 heures. Dans l’émission, il dira avoir eu l’impression d’avoir dormi trois semaines. MESSMER explique qu’il l’a à moitié réveillé dans l’aéroport pour qu’il aille uriner et qu’il passe à la douane.

Il se réveille déguisé, au son d’une suggestion post-hypnotique « Fek-Fek » de MESSMER sur la place Jemaa el-fna à Marrakech. Il décrira son état comme ceci : « J’ai eu tellement peur, c’était horrible j’avais envie de frapper Messmer… » et il pleure !

De nouveau, la suggestion que MESSMER avait prononcée juste avant « vous allez-vous sentir merveilleusement bien » n’a pas du tout fonctionné. On peut comprendre Michael car toute cette manipulation l’a complètement désorienté. Quelle image donne-t-on de l’hypnose ici ? Un moyen pour kidnapper quelqu’un… Cet effet épouvantail est renforcé par l’état émotionnel perturbé de Michael. Il a dû finalement accepter cette curieuse aventure, car Michael est connu pour avoir joué lui-même des tours pendables à beaucoup d’autres personnes dans ses sketches. C’est probablement pour cette raison qu’il a été choisi.

Or, quelques années plus tôt (en 2010) :

Deux scénaristes français, dont Alexandre Deman, me contactent car ils sont en train d’écrire le scénario du film « La Traversée » (qui sortira en 2012), basé sur le roman de Guillaume MUSSO : « Parce que je t’aime ». En effet, ce livre contient une longue séance d’hypnose, et ces deux auteurs souhaitent que je les aide à rendre cette hypnose authentique et crédible. Ils sont venus de Paris une journée et nous avons travaillé sur les textes du scénario pour que l’hypnose soit vraisemblable. Deux ans plus tard, le producteur choisi le réalisateur Jérôme CORNUAU, qui souhaite que les deux acteurs principaux, Fanny VALETTE et Michaël YOUN puissent vivre chacun une séance d’hypnose afin de les rendre crédibles à l’écran. Les deux acteurs furent ravis de vivre cette expérience, d’autant que je leur ai proposé de choisir un objectif pour rendre cette hypnose utile pour eux-mêmes. Fanny choisit un événement traumatique, que l’on a d’ailleurs pu traiter en une séance ! Michael, lui, souhaite revivre un événement heureux pour que son réveil (sa sortie de l’hypnose dans le film) se produise dans l’état émotionnel souhaité par le réalisateur (à l’opposé donc, de l’état qu’il vivra quelques années plus tard avec Messmer).

Michael se montra très curieux intellectuellement et compris très vite ce qu’allait être sa séance d’hypnose. Je vous propose de lire la retranscription de la vidéo de cette hypnose ci-dessous (les passages principaux en tout cas), cela vous donne ainsi une idée sur la formulation des suggestions que l’on emploie en hypnose thérapeutique éricksonienne et en nouvelle hypnose.

E.M : Quelles réactions hypnotiques pourrait-on te conditionner pour ton jeu d'acteur ? On peut axé cette expérience sur la modification de la conscience, sur l'éveil de certains phénomènes hypnotiques, juste pour ta curiosité, mais je peux déjà intégrer quelques suggestions par rapport à ta demande…

M.Y : Par rapport à l'état de réveil ?

E.M : Oui! M.Y. Un état de réveil ?.... ce qu'on disait tout à l'heure, ça peut être la libération, le soulagement.. C'est bouleversant là, c'est se sentir plus léger ! ... Peut être qu' au moment du réveil ce serait bien d'avoir un sourire, un sourire léger! Pas forcément un sourire mais d'avoir l'œil qui s'ouvre !

E.M : Ok ! On commence par une induction assez active au début, puis après, petit à petit on apprend à s'envoler! L'idée c'est de mettre tes mains comme si tu avais un ballon. Tu joues le jeu, tu t'imagines un ballon dans les mains, bien gonflé, bien dur, bien lisse. Tu peux déjà localiser le nœud du ballon et sentir.... l'espace que prend ce ballon entre tes mains... Tu peux vraiment sentir le volume, et la forme plus ou moins ronde ou ovale, je ne sais pas du tout si ton ballon est plus rond qu’ovale… ce que je sais c'est qu'il prend petit à petit, de plus en sa place... entre cette main droite et cette main gauche. Il est léger… il est en tout cas bien gonflé, bien dur, bien lisse.... Quand tu commences à le sentir, tu peux simplement me répondre en faisant un signe. Tu fais simplement oui de la tête ...... La tête de M.Y acquiesce.

E.M. : OK ! Il est possible aussi, que tu visualises une couleur à ce ballon, parfois plusieurs couleurs, ou des teintes plutôt que des couleurs. Ça peut arriver qu'il soit transparent. OK!

E.M. : Quelle est la teinte ou la couleur ?

M.Y. : Bleu ! E.M. : Bleu! Ok, Bleu ciel,... il y a des dessins, des figures dessus, des symboles, des logos ?

M.Y. : Non !

E.M. : Juste bleu ciel, ok, tu vas simplement, maintenant, tandis que ce ballon est là entre tes mains, laisser ton attention rechercher une petite force intérieure,... ça peut être une petite énergie qui se trouve dans la tête, dans le thorax ou l’abdomen… ou ailleurs, ça peut être parfois dans les mains! Tu recherches cela… ça peut être un lueur… l’aspect d'une lueur, en tout cas la sensation d'une chaleur,... parfois, même une fraîcheur. Et ainsi, progressivement… cette sensation, plus tu vas te focaliser dessus, plus tu vas utiliser tes propre capacités auto-hypnotiques pour te concentrer dessus, pour te focaliser dessus, plus cette force va augmenter! ... Quand tu as trouvé cette force, tu me fais juste un petit mouvement de tête pour me dire ''oui''... et tu prends bien le temps parce qu’on a vraiment tout notre temps pour trouver cette lueur, cette lumière, cette sensation de chaleur, ou de fraicheur, elle se trouve à l’intérieur de toi… cette petite énergie! Qu'elle soit plus grande ou plus petite, ou moyennement petite ou moyennement grande! En fait, cela n'a pas vraiment d'importance... Rien n'a, d'ailleurs, beaucoup d'importance si ce n'est la portance de ce divan qui soutient ton corps.... confortablement installé dans cet état de réceptivité.

Confortablement installé dans cet état de réceptivité que tu as toi-même découvert intuitivement… spontanément… tandis que ta respiration respire, de façon complètement inconsciente, puisque c'est l'inconscient qui choisit le rythme de la respiration dans chaque activité de ta vie, mais ton inconscient choisit aussi la profondeur de chaque respiration ! Ta conscience est en train de choisir un rythme de plus en plus calme… et ce rythme respiratoire a un rythme qui permet à cette respiration d'utiliser juste l'oxygène qu'il est utile d'inspirer pour activer progressivement ce cerveau droit qui fonctionne si bien en hypnose, ce cerveau émotionnel, ce cerveau intuitif, ce cerveau qui cultive les images et qui augmente la force mentale !

Ainsi, quand tu ressens quelque part une petite énergie, une petite force, alors tu laisses ta tête faire un petit oui. Concentre toi bien sur cette force, cette sensation... et tu vas remarquer qu'elle augmente ! Quand elle sera suffisamment augmentée, fais l'expérience de la faire remonter jusqu'aux yeux, elle va s'ajouter à ta force initiale !

Ton regard tu vas le laisser se diriger vers le nœud du ballon.... il se focalise, il devient comme un faisceau laser. La force de ton regard contient une énergie de plus en plus grande car tu ajoutes cette énergie à celle de ton regard, la force que tu as trouvée dans ton for intérieur . Cette énergie de ton regard, c’est une double force que tu diriges vers le nœud de ton ballon et elle va produire quelque chose d'étonnant… de surprenant, puisqu’elle va dénouer très légèrement le nœud de ce ballon. Ce léger dénouement, cet heureux dénouement de ce nœud de ce ballon va produire une sortie progressive des tensions de l'air qui sont enfermées dans ce ballon depuis si longtemps! Toutes les pressions, toutes les tensions qui sont enfermées dans ce ballon vont petit à petit prendre l'air... et simplement sortir de toi à l'air libre…

Observe ce qui se passe agréablement grâce à cette extériorisation, à cette libération. Tu remarques effectivement, que ce ballon devient petit à petit, de plus en plus mou ,de plus en plus doux, de plus en plus confortable… Les mains s'enfoncent agréablement… confortablement dans ce ballon.

Tu pourrais, également, être surpris par le moment si particulier du contact qui va se produire entre deux de tes doigts.

Tu seras surpris de quel doigt touche quel autre doigt ? Et tu seras surpris du moment où ils se touchent car tu ne sais pas du tout où se trouvent tes mains l’une par rapport à l'autre. Au moment du premier contact, tu pourras ressentir un sentiment d'harmonie assez surprenant! Tes poumons vont faire une respiration très profonde, une respiration libératoire...en sentant ensuite que quelque chose est sorti… un poids... je ne sais quoi mais ton inconscient sait exactement de quoi il se libère!

Tu te laisses entrer progressivement, dans un état particulier, avec une sorte d'équilibre entre ce cerveau droit, qui enfin a retrouvé sa place parce qu'il est intuitif ,agréablement intuitif et ce cerveau gauche qui planifie les choses, organise ton temps et tes déplacements dans l'espace... et dans ta vie !

C'est dans une sorte d'oasis de fraîcheur... ou il n'y a que toi et où tu es bien avec toi-même! Dans cette harmonie, dans cet équilibre de plus en plus profondément agréable ! Les doigts continuent de se découvrir, les doigts droits comme les doigts gauche et des choses se passent... comme entre ce cerveau droit et ce cerveau gauche… : rééquilibration… ré-harmonisation… ! Ces sensations qui apparaissent, permettent de découvrir des sensations que tu désires peut être, depuis longtemps, pour pouvoir retrouver cette paix intérieure que tu as déjà pu vivre à certaines moment de ta vie. Laisse ta mémoire retrouver un de tes souvenirs de soulagement, le plus profondément agréable de ta vie, souvenir de libération de quelque chose, comme si tu sortais d'un cauchemar ! Un moment de ta vie où tu as retrouvé une paix que tu avais perdue ou , à moins que ce ne soit une paix que tu découvres pour la première fois. C'est avec un sentiment d'être libéré d'un poids, libéré de pressions, et empli de sensations de légèreté… De la légèreté à certains endroits de l'esprit ou du corps, ou des deux ! Tu peux déjà profiter de cet état, de ce souvenir léger et libérateur, pour t'imaginer au moment du réveil de cette hypnose. (Suggestion post hypnotique (SPH), pour que l'état émotionnel qu'il souhaite se produise au moment du tournage du film). Au moment où une autre caméra ( puisqu’une caméra filme cette séance dans mon cabinet) sera braquée sur toi, le trajet de tes neurones reproduira quelque chose de similaire, peut-être encore de plus adéquat, de plus réaliste, de plus relié au scénario !! Il suffit de penser à un détail du souvenir dont tu t'es souvenu, pour laisser revenir cet état, cet état de soulagement, cet état de paix retrouvée ! Laisse le souvenir revenir et devenir, de plus en plus présent au moment où tu le souhaites, que ce soit devant la caméra, que ce soit avant un événement stressant lorsque tu auras envie de retrouver un moment de paix, par exemple, le moment que tu as choisi de te ressourcer dans cette oasis de fraîcheur... tu peux entendre encore cette petite source couler, agréablement... cette source d'eau fraîche, dont le bruit léger te fera penser à cette sensation légère que tu ressens dans cette respiration, dans certaines parties du corps. Tu peux aussi sentir ce sourire se produire spontanément…

Sortie de l'état hypnotique : Michael se réveille, petit à petit !

E. M : Comment cela s’est-il passé pour toi ?

M.Y : C'est exactement ce que je pensais, c’est un état d'inconscience consciente !! (magnifique expression ; en deux mots, il décrit toute la complexité de l'état hypnotique, qui est effectivement l'établissement d'une conscience parallèle à la conscience ordinaire).

E.M : Voilà!

M.Y : On est là, mais on n'est pas là! Alors on n'est pas là mais effectivement on choisit; l'inconscient choisit! On n'a jamais autant l'impression de choisir, d'ailleurs ! C'est pour cela que c'est impossible de faire à quelqu'un quelque chose qu'il ne veut pas en son for intérieur, parce que... c'est peut-être même le moment où il y a le moins de pression sociale ou d’autre chose. C'est vraiment dans les images qu'on choisit, il n'y a pas un moment qu'on ne choisit pas!... tiens, il n’y a pas de soleil ? M.Y est confus car il n'y avait pratiquement pas de soleil juste quelques rayons à un moment donné, or il a cru sentir qu’il y avait beaucoup de soleil.

E.M : C'était très léger ! En fait, sous hypnose, on perçoit les sensations de manière plus intense. On peut sentir des sensations plus fortes de chaleur, en fait il y a eu un tout petit rayon de soleil, et en fait il n'a pas fait plus chaud, c’est l’état hypnotique qui augmente les perceptions ou même les déclenche quand il n’y en a pas.

M.Y. : Par moment j'étais sur la plage, j'étais allongé, j'étais bien.... En revanche, ça va ça vient !

E.M. : Voilà, c'est fluctuant!

M.Y. : J'y suis, j'y suis pas! Alors je suppose qu’en reproduisant l’expérience de l'induction, on arrive à stabiliser.

E.M. : Oui, oui !

M. Y. : Mais c'est... Je pense que c’est incroyable ce ballon... C'est à dire qu'à aucun moment je décide.. et pourtant si ! C'est le truc que tu critiques quand tu vois des gens faire de l'hypnose... Mais non, pourtant j'avais l'impression que le ballon se dégonflait et il était très fort entre les mains et puis il se dégonflait, il se dégonflait... et après, de façon automatique je sentais que les mains étaient attirées l'une vers l'autre...

E.M. : C'est intéressant parce qu’elles ont commencé à aller l'une vers l'autre avant que je suggère qu’elles aillent l'une vers l'autre et même avant que je suggère que le ballon devienne plus petit !

M.Y. : Mais parce qu' à partir du moment où vous m'avez parlé du rayon laser, j'avais devancé, j'ai sauté vers ça ! J'ai vu, j'imaginais le laser et je voyais le ballon fondre, comme ça !