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Un corps canon sans se prendre la tête

Un article paru dans Elle Belgique en mai 2012.

Saskia, 36 ans, gestionnaire administrative. Son problème : un excès de poids réparti sur tout le corps.

Ce qu'elle en dit. « Jeune et très sportive, je n'ai jamais dû faire attention à mon poids. Je pratiquais la natation au niveau compétition et j'avais des entraînements quotidiens. J'ai eu mon premier enfant a tout juste 20 ans. Mes gros soucis de poids ont commencé à ce moment-là, avec pas moins de 33 kg pris pendant ma grossesse. Il m'a fallu cinq ans pour les reperdre, non sans mal ! Pour ma deuxième grossesse, j'ai pris 35 kg que j'ai commencé à perdre, mais la vie a décidé de corser les choses : quelques « drames familiaux » qui m'ont détournée de ma quête et m'ont empêchée de retrouver ma taille initiale idéale. Je me suis oubliée et j'ai recherché une consolation dans la nourriture, au travers de fringales incontrôlées et de grignotage incessants. Aujourd'hui, tout est rentré dans l'ordre dans ma vie privée, et je peux enfin me consacrer à me défaire de ses mauvaises habitudes ô combien ancrées au fond de moi. »

La méthode. L'hypnose et le « régime paradoxal » de Giorgio Nardone.

Ce que dit le spécialiste. Dr Eric Mairlot, directeur de l'Institut de nouvelles hypnose et de psychosomatique.

« Saskia a grossi de neuf kilos en quatre mois, alors qu'elle estimait déjà avoir 15 kg de trop, kilos qu'elle n'a pas réussi à perdre depuis sa deuxième grossesse voici quatre ans et demi. Elle connaît des variations en « yo-yo » depuis très longtemps et cela est rythmé, comme chez beaucoup d'autres femmes, par de nombreux épisodes de déstabilisation émotionnelle. Elle a pratiqué des régimes restrictifs (en calories ou sélectifs) et déséquilibrés, tant et si bien que maintenant, rien que de prononcer le mot « régime », elle mange plus et grossit. Elle est depuis toujours hyperactive, et dès qu'elle se calme et veut s'occuper d'elle, de son corps, elle grignote en excès en dehors des repas. Lorsqu'elle fait ces excès, elle n'y pense ni avant ni pendant. Après, en revanche, elle s'en veut.

« Ceci montre qu'elle a des difficultés à rentrer dans sa bulle, à se couper de la réalité et du stress autrement qu'en se goinfrant. Cet acte de manger est un rituel qui lui permet de rentrer dans cette bulle, ce qui est en réalité une forme d'auto-hypnose « alimentaire ». Elle dit : « le tiroir de mon bureau se vide et se remplit de crasses »,  sachant très bien que c'est elle qui mange et puis le refournit. Cela montre qu'elle fonctionne dans un état d'autohypnose léger, par un comportement automatique, non raisonné et très peu conscient. L'apprentissage de l'auto-hypnose va être pour Saskia la découverte d'une alternative meilleure (et non calorique) à ses auto-hypnoses alimentaires, puisqu'elle va pouvoir « changer d'état » en rentrant dans une bulle agréable sans devoir manger. En effet, quand on rentre en auto-hypnose, on change l'état dans lequel on se trouvait, par exemple un état de stress ou de frustration, ou de manque de quelque chose, ou de vide d'intérieur, de trop-plein, de colère, de tristesse, de nervosité, d'anxiété… Changer d'état de conscience permet de rentrer dans un état protégé du monde extérieur, un état de sérénité ou de plaisir, voire de joie. On peut se programmer pour l'un ou l'autre de ces états dans un atelier d'auto-hypnose (il y a aussi d'autres auto-hypnose qui lui permettront de découvrir des moyens de contrôle d'elle-même bien plus efficaces que la volonté). D'autres part, dans un second temps, le « régime paradoxal » va lui réapprendre à retrouver le plaisir de manger en fonction des besoins de son corps, de ses désirs et de ses appétences, en se libérant notamment de ses interdits qui la faisait craquer et grossir. »

Lire l'article dans sa mise en page originale

Presse écrite